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 •••Amayëlle•••

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AuteurMessage

Fiche : Par Ici '-'
Localisation : Perdu dans les boisés pour une chasse aux papillons '-'
Humeur : Nostalgique /ô/
Messages : 5
Age : 25

MessageSujet: •••Amayëlle•••   Jeu 20 Mai - 1:42




Amayëlle Izbetha
«Il est des gens qui n'embrassent que des ombres. Ceux-là, n'ont que l'ombre du bonheur.»






    • • « – Identité & Informations de Bases ; »
    .

    ► NOM : Izbetha
    ► PRÉNOM : Amayëlle
    ► ÂGE : Inconnu, d'apparence entre la vingtaine et la trentaine
    ► SEXE :
    ► RACE : Dragon
    ► CAMP : Neutre
    ► MÉTIER/CLASSE : Vagabonde. Accepte quelques emplois par-ci, par-là, pour subvenir à ses besoins.



    • • « – Derrière le Masque ; »
    .

    ► PSEUDO : Dada /ô
    ► ÂGE : 16 Ans et quelques poussières 8D
    ► EXPÉRIENCE RP : J'dirai...Environ 5 ans.
    ► QUE PENSEZ-VOUS DU FORUM ? : Magnifique *O*
    ► COMMENT L'AVEZ-VOUS DÉCOUVERT? : Hasard 8D Merci au bon dieu de m'avoir mit sur votre route ♥__♥
    ► UNE REMARQUE/CRITIQUE/SUGGESTON À NOUS FAIRE? :No, everything is Perfect '_'
    ► CODES :
    Spoiler:
     



• • « – Histoire & Vie Antérieur ; »
.


    » Je fixai le ciel avec une attention soutenue, le silence berçant mes pensées. Des nuages s’étageaient les uns sur les autres, filtrant les rayons du soleil qui se déversaient à travers le feuillage des arbres. De minuscules tâches de lumière valsaient au gré du vent, semblables à des lucioles par une chaude nuit d’été. Au-dessus de moi, la cime d’un Olivier se balançait tout doucement, ses branches basses caressant les flancs d’une colline verdoyante. Une clôture en bois érodé par le temps délimitait un cercle autour du périmètre du tronc, plus par décoration que pour empêcher quelqu’un de pénétré dans l’enceinte du cercle, sa petite hauteur ne dissuadant pas quelques aventureux de vouloir se reposer sous l’Oléacée pour se protéger du soleil. Le vent était doux et frais, matinal, et on distinguait encore dans l’herbe verte la rosée du matin. C’était bientôt l’heure de partir, pensai-je en fermant les paupières doucement. Il était dangereux de rester trop longtemps à découvert, près de la civilisation des humains. Bien que mon enveloppe charnelle fût comparable à tout humanoïde, il valait mieux minimiser les risques et ne pas trop s’attarder dans les parages. Également, ce champ d’Oliviers était un terrain privé. Je risquai de passer un mauvais quart d’heure si le propriétaire me trouvait étendue sous l’un de ses arbres. Les hommes n’étaient pas une race très compréhensible et tolérante. Tournant la tête sur le côté, j’observai le jeu de lumière sur la peau basanée de mon bras. De petite tâches jaunâtres se mouvaient doucement dans ma paume, de mon poignet jusqu’à mon coude, remontant jusqu’à mon épaule, disparaissant dans mon corsage ou réchauffant même mon visage de leur douce chaleur. J’aurai voulue que cet instant n’ait jamais de fin. Rester éternellement sous cet Olivier aux branches basses et caressantes, sous ce doux soleil printanier, bercer par le chant des oiseaux et le bruit lointain d’une mer d’encre en contrebas, qui léchait les flancs d’une berge au sable blanc en forme de croissant de lune. J’aurai voulue me noyer infiniment dans cette léthargie profonde, dormir d’un sommeil profond et me réveiller le lendemain matin dans cet Éden. Hélas, il me faudrait partir très prochainement. D’ailleurs, j’aurai déjà dû être à deux lieux d’ici, de nouveau cachée du monde des humains dans une forêt sauvage et encore indompté. Je soupirai avec lassitude et me redressai sur mes coudes dans l’intention de me relever pour, enfin, repartir dans mon existence de fugitive.

    « Excusez-moi, mademoiselle, »fit une voix humaine, masculine.

    Tous les muscles de mon frêle petit être se figèrent sur place, aussi raide que l’aurait été un arc tendu au maximum. Assise dans l’herbe verdoyante, je ne bougeai pas, interdite. Mon cœur battait à tout rompre, comme s’il allait sortir de ma cage thoracique. Mes mains sur le sol étaient crispées, mes doigts bien enfoncés dans la terre. Tout mon corps trahissait une réaction instinctive, animal, face à la présence d’un être humanoïde. Toutefois, contrairement à ce qu’aurait fait une biche ou un gibier face au prédateur, je me relevai souplement sur mes pieds, époussetant ma tunique blanche qui avait subit plusieurs retouches, à mesure d’être déchiré par les branches ou salit pendant mes expéditions.

    « Je pense savoir que vous êtes sur une propriété privée, n’est-ce pas ? » s’enquit de nouveau la voix rauque et usé.

    Je soupirai et finissais de me débarrasser des saletés sur ma redingote et me retournai finalement pour faire face à mon interrogateur.
    Comme sa voix le laissait paraître, c’était un vieil homme. Ou plutôt un vieillard. Bien que sa silhouette maigrichonne fût courbée sur sa canne en bois solidement planté dans le sol, il me dépassait quand même de quelques centimètres. Sous une peau pâle et cireuse se dessinait une bonne musculature, témoignant d’une ancienne vie de guerre et de combat, délaissé plus tard pour le travail des champs. Sa tête ovale était affirmée par une mâchoire carrée, un nez haut et fier, qui avait dû être cassé à plusieurs reprises, et son visage à la peau plissée était mangé par deux yeux proéminent. D’un bleu couleur de ciel d’été, ils me fixaient avec interrogation, comme s’il tentait d’émettre une question pour une réponse qu’il connaissait déjà. Il était vêtu une toge crème pour un pantalon usé de la couleur de la terre, des bottes de travail et l’unique bijou qu’il portait était une chaîne en argent qui pendait à son cou. Aucune trace de bague quelconque indiquant qu’il était marié. Pourtant, à son âge, il était surprenant de ne même pas découvrir une pâleur à son Annulaire, signe même qu’il aurait déjà eu une compagne. Étrange…
    Tout deux n’avions pas bougés d’un pouce, détaillant l’autre sans pudeur. Jusqu’à ce qu’enfin, je repousse une mèche de cheveux qui tombait sur mon visage en soupirant, peignant sur mon visage une innocence non feinte. Je relevai la tête pour observer le soleil se déverser dans les feuilles de l’Oliviers.

    « Non loin l’idée de vous importuner, monsieur, » fis-je d’une voix émerveillée. « Je n’aie décidemment pas pus résister à l’idée de venir m’étendre sous l’une de vos plantations. Vous pouvez être fier de-… »

    « Dieu du ciel… » me coupa la voix du patriarche dans un murmure.

    Intriguée, je baissai la tête pour m’apercevoir que ses yeux étaient gros comme des soucoupes, sa bouche entre-ouverte, une expression d’incompréhension sur le visage. Ses mains sur son bâton tremblaient légèrement. Son regard de prude était fixé sur moi. Inconsciemment, il s’était rapproché. Il n’était désormais qu’à plus de quelques mètres de moi, aillant pénétré l’enceinte de la clôture blanche qui formait un cercle autour de l’arbre. Il avançait vers moi d’une démarche incertaine, chevrotante, en murmurant des paroles intelligible. Je ne bougeai pas, secouée. Finalement, le vieil homme s’immobilisa à environ un mètre d’où j’étais. Son front était plissé, et ses deux épais sourcils blancs se rejoignaient au-dessus de ses yeux céladons. Je pouvais distinguer sur le sommet de son crâne une chevelure blanche où il restait encore quelques mèches dorées, laissant croire que dans une jeunesse lointaine, il avait été un jeune Golden boy aux cheveux blonds vénitiens. Nous restâmes debout l’un devant l’autre pendant une durée qui me paru infinie. Le temps semblait s’être arrêté. Seul le sifflement du vent dans le feuillage des arbres venaient percer la magie de cet instant. Et après d’interminable seconde, le vieillard s’exprima enfin, non sans avoir longuement soupiré avant.

    « Après toutes ces années, vous n’avez même pas pris une seule ride. » fit-il avec une nonchalance qui me déstabilisa.

    J’ouvris les yeux avec stupéfaction. Choquée, j’eue un mouvement de recul tout en dévisageant longuement l’Humain avec ébahissement. Fût-il possible que, des années et des années auparavant, lui et moi nous aillons rencontrés ? Je secouai la tête avec négation. Non…Tous les êtres humanoïdes que j’avais connus devaient être morts depuis des années maintenant. J’avais même vérifié que le village dans lequel j’avais grandie n’était plus. Il avait été ravagé lors de la première guerre opposant Humains et Elfes, en l’an 287. Et même advenant que l’une de ses personnes aient survécue à la guerre ou à la maladie, le temps aurait dû avoir eu raison de tous ceux que j’avais connus jusqu’à lors. Puisqu’aux yeux des humains, j’étais née en l’an 212, il s’était écoulé désormais plus de 100 ans ! Comment diable cet homme pouvait-il me reconnaître ? Peut-être me prenait-il pour une autre ? Reprenant mes esprits, je me redressai et secouai la tête avec négation, esquissant un petit sourire navrée.

    « Pardonner-moi, mon cher, mais vous devez me confondre avec une autre… » dis-je d’un petit rire nerveux.

    L’humain eu un petit sourire entendue et hocha positivement de la tête.


    « Je te reconnais bien là… » murmura-t-il en plantant plus solidement sa canne dans le sol. « Déjà lorsque nous étions enfant, tu me prenais pour un petit idiot. Mais je ne suis pas dupe. Tu as cette même longue chevelure blonde cendrée et épaisse qui faisait l’envie de toutes les filles du village. Alors que ta pauvre mère tentait vainement de te les coiffer, tu t’obstinais à les garder lousse. Tu disais que tu aimais sentir leur douceur caresser ton visage et les sentir se mouvoir dans le vent marin. » fit-il d’une voix rêveur. Bouche-bée, je l’écoutais d’une oreille distraite. « Tu possèdes également ses yeux, deux joyaux que l’on aurait volés à la plus belle des déesses. Des iris d’un gris tourterelle, qui s’assombrissaient pour devenir d’un gris de fumé lorsque que tu te laissais aller à la colère. Un regard calme et pausé, tranquille, qui aimait à scruter les plus beaux paysages et à les retranscrire sur une feuille de papier, pour immortaliser ces moments. Ce regard de jeune aventureuse, orné de deux sourcils dorés et parfaitement symétrique, qui se fronçaient légèrement lorsque que tu réfléchissais. Et de ce même regard, tu étais capable de faire taire le plus effarouché des jeunes bambins avec lesquels tu t’amusais à jouer aux guerres de terre cuite. Malgré le fait que tu les utilisais pour lancer des projectiles de glaise ou de terre, tes mains n’étaient pas celles d’une paysanne, même si tu rentrais chez toi chaque soir avec les paumes sales et de la terre sous les ongles. Leur peau était douce et tes doigts étaient longs et fins. C’est pour cette raison que ta mère a si souvent tenté de t’initier à la musique, vainement d’ailleurs. C’est dommage, tu aurais fais une grande et talentueuse joueuse d’Harpe ou de Piano. Bref. J’ai également remarqué que tu as la même silhouette. Toi qui trouvais que tu avais un corps trop masculin, aucun des gitans du village n’étaient d’accord. Tu étais certes frêle et maigrichonne, mais il ne manquait ni muscles ni tonus sous cette peau hâlée. Tu te déplaçais avec grâce et agilité, ton corps se mouvait avec souplesse. Ta démarche était celle d’un félin, tranquille et silencieuse, et tu avais beau faire, tu nous surprenais toujours, en surgissant soudainement de nulle part, comme un fantôme qui se déplacerait à travers les murs. D’ailleurs, on n’a jamais compris pourquoi tu refusais de porter des chaussures. Tu avais pour habitude de parcourir les rues du village pied nue. Je constate que tu n’as pas perdue cette habitude, » constata-t-il en baissant les yeux vers la pointe de mes orteils qui caressaient l’herbe. Confuse, je détournai le regard en rougissant. « Et ce n’est pas tout. Tu as toujours favorisé le port de vêtement léger et non-encombrant. Tu préférais de loin porter un pantalon et une tunique qu’à une robe ou des jupons, qui étaient moins inutile pour tes jeux et tes galipettes. Contrairement aux autres fillettes qui voulaient rester noble et propre pour épater les jeunes hommes, toi n’avaient aucun problème à te rouler dans la boue et à te montrer sous ta forme la moins...Officieuse. Encore une fois, je vois que cette nonchalance à porter des vêtements souples ne t’a pas quitté. » fit-il d’un ton entendu. « Je suis peut-être vieux et divaguant, mais je sais encore reconnaître une vieille amie, même si le terme de vieille ne concorde pas à une demoiselle aillant encore la vingtaine. N’est-ce pas, Amay ? »

    Estomaquée, je fus incapable de parole pendant de longues secondes. Je le fixai avec incompréhension, cherchant à comprendre par quel miracle cet homme était encore vivant. Néanmoins, à en juger par sa condition physique, le temps ne tarderait pas à reprendre le dessus. L’existence des humains étaient l’une des plus courtes sur cette terre, et ce vieil homme pouvait remercier le ciel de lui avoir permis d’avoir une vie aussi bien remplie.
    Et c’est ainsi qu’en portant une main à mon front en soupirant et en pestant contre ma négligence, je sourie ironiquement en laissant mollement retomber mon bras contre mon corps, rendant les armes.

    « Il fait bon de te revoir, Cirio… » m’exclamai-je tendis qu’il me souriait de toutes ses dents, tendant sa main osseuse vers moi.

    ~_~

    « Tu ne pouvais décidément pas trouver mieux comme endroit pour couler des jours heureux. » fis-je en regardant le champ d’Oliviers par la fenêtre.

    De loin, le paysage était encore plus beau. Les collines verdâtres s’étageaient les une sur les autres, formant de petites terrasses où sur chacune d’entres elles poussaient un arbre majestueux. C’était comme si on avait recopié la même scène des dizaines et des dizaines de fois sur une toile vierge. Le temps semblait s’être arrêté, en partie du fait que le vent c’était calmé. La cime des arbres c’était donc immobilisé, et l’on entendait plus que le gazouillement des oiseaux non loin qui valsaient au soleil couchant. Celui-ci disparaissait timidement derrière les éminences, envoyait des jets de lumière dans les nuages, filtrant ainsi des Aurores aux couleurs chaudes. Plus loin en contre bas s’élevait un bâtiment de bois clôturé en hauteur où quelques bêtes broutaient tranquillement ou galopaient en hennissant joyeusement leurs congénères. Les portes de l’écurie étaient ouvertes, ainsi les canassons pouvaient-ils se cacher en cas de mauvais temps où pour passer la nuit bien au chaud et au sec. Une seconde bâtisse était érigée juste à la droite de celle-ci, légèrement plus petite. Sans doute une grange pour ranger le foin et autres outils pour le travail des champs. La plage de sable blanc que j’avais précédemment vue était désormais cachée par le champ d’Olivier, camouflée derrière les arbres et les collines. Je n’avais aucune difficulté à m’imaginer une eau sombre et calme où les reflets du couché du jour se reflétaient sur sa surface miroitante. Et peut-être par le plus grand des hasards, des dauphins s’amusaient-ils à danser sous l’eau, accompagné des jets de lumière qui filtraient la surface. Que n’aurai-je pas donné pour pouvoir me noyer dans ce monde impitoyable et pourtant si fascinant….Cet endroit était un véritable paradis. Je me félicitai presque d’avoir choisis cet endroit pour mes quelques jours de repos en dehors de la forêt. J’avais pris pour habitude de venir côtoyer le monde des humains d’un peu plus près une fois par mois, ou un peu plus dans de rare d’occasion. On finit toujours pas se sentir prisonnier lorsque l’on passe trop de temps à se cacher. Ainsi m’étai-je permis cette folie et de venir dans ce petit Jardin d’Éden, avant de repartir et de ne jamais revenir. Car oui, il ne faut jamais revenir plus d’une fois au même endroit…Heureusement que le monde est assez vaste pour une fugitive en quête…De tranquillité et de sérénité.

    « Lorsque j’ai trouvé ce petit paradis, l’écurie était en ruine et la maison était dans un piètre état » fit la voix cireuse de Cirio dans mon dos, accompagnée de bruit de vaisselle qui s’entrechoc. « C’était il y a 27 ans, peu après la guerre de 287. Il m’a fallu plus de deux ans pour tout remettre en état.»

    Je me tournai dos à la fenêtre pour lui lancer un sourire chaleureux tout en découvrant deux tasses fumantes sur la petite table ronde en bois au milieu de la minuscule cuisine. Assis sur une chaise grinçante, il me désigna celle en face de lui d’une main tremblante. J’acquiesçai et pris siège, humai le contenue de ma tasse, puis, reconnaissance l’odeur caractéristique du thé, en prit une gorgé.

    « Tu t’occupes de cet endroit seul ? » Demandai-je sans grande conviction.

    Il eut un petit rire en secouant la tête avec négation.


    « Oh non, je suis maintenant trop vieux pour m’occuper de cet endroit, pour mon plus grand malheur. Non, j’ai engagé un jeune homme du village du coin. Il vient chaque jour s’occuper des chevaux et vérifier l’état des bâtiments. En échange, il recueille plus de la moitié de la vente des Olives et lorsque je quitterai ce monde, cet endroit sera son Héritage. C’est un brave garçon. Il n’aura plus à attendre longtemps. » acheva Cirio dans un petit sourire complice.

    Une étincelle de tristesse passa sur mon visage et je baissai le regard sur le contenu de ma tasse. Je me demandai comment les humains pouvaient se contenter d’une existence si courte. Le monde était si vaste ! Ils n’avaient jamais assez d’une petite décennie pour le parcourir dans son intégralité…Et il y avait tellement une immensité de chose à découvrir ! Des paysages les plus fantastiques aux mets exotiques les plus savoureux…Des matériaux de construction et d’armement, des tissus, des races d’animaux rares et exceptionnels, la découverte de méthode de chasse, de survie, de transport qu’on aurait jusqu’à lors insoupçonnés, des cultures de peuples étrangers. Des mystères à percer, des réponses à trouver, oui ce qui était sûr, c’est que le monde lui-même était une charade, un fabuleux secret dont personne ne connaissait l’existence, une question à laquelle personne ne pouvait répondre…Et même si il était impossible de tout avoir vue, tout avoir entendue, en plusieurs centaines d’années, le plaisir de découvrir restait insatiable…Dire que « normalement », j’aurai déjà dû être six pieds sous terre…Il me restait encore tant de chose à voir, à parcourir, à découvrir ! Je levai un regard tendre vers Cirio, et il me le rendit cent fois plus fort.

    « Tu as eu une vie bien rempli, n’est-ce pas ? » demandai-je d’une voix douce.

    « Ce fut une belle aventure, » répondit-il en hochant la tête. « Et même s’il m’ait arrivé de faire des erreurs, je ne regrette rien de cette existence. Ce que tu as devant toi, c’est un vieil homme heureux, Amay » fit-il en souriant. « Je vais partir l’esprit en paix et serein. Je n’aurais pus rêver mieux comme fin. »

    Il prit une pause, puis, me regarda avec fascination.

    « Qui aurait crut qu’après 70 ans d’absence, je te retrouverais comme si tu n’étais partie qu’hier ? »

    La sensation qui s’en suivie alors fut étrange…J’eue l’impression qu’une main venait de surgir dans ma poitrine et qu’elle s’était saisie de mon cœur pour le serrer dans sa paume, le comprimer. C’était une douleur tout à fait nouvelle, inconnue. Ce n’était pas une douleur physique, pourtant, c’était tout à fait comparable à un coup de massue reçus en plein visage ou un poignard qu’on vous aurait planté en plein thorax. Tentant de faire disparaître ce sentiment désagréable, je pris une gorgé de thé. Je sentis le liquide descendre dans mon Œsophage et, bien que la chaleur de la boisson me fit du bien, je restai avec une sorte de malaise, d’agacement dans la région de mon cœur. Cirio sembla remarquer mon ivresse, puisqu’il me dévisageait avec inquiétude.

    « Ce n’est rien, » fis-je dans un sourire que je voulue rassurant. « Sans doute juste la fatigue…Sais-tu s’il y a une Auberge dans le coin ? »

    C’était simplement question de ne pas éveiller ses soupçons. J’irai me dénicher un arbre douillet dans la forêt qui longeait la côte.

    « Ne sois pas ridicule, » répondit Cirio en se levant et en prenant nos tasses vides. « J’ai une chambre d’invité à l’étage. Tu n’as qu’à t’y installer. Bien que les chambres de l’auberge du village doivent être plus luxueuses, je suis certaine qu’elle fera l’affaire. »

    J’acquiesçai en souriant, puis, nous nous quittâmes pour rejoindre nos chambres. La mienne était à l’étage, au bout du couloir, alors que la sienne restait au rez-de-chaussée. Elle restait assez simple en soi. Une petite table de chevet trônait à côté d’un lit baldaquin en bois où pendaient des rideaux blanc crème. Le seul véritable meuble était une petite penderie dans le coin droit de la pièce. Les murs étaient tapissés en gris clair, uni, où il n’y avait aucune forme ni dessin. Épuisée, je laissai tomber mon sac de voyage sur le sol, me dirigeai vers le lit en traînant des pieds et me laissai tomber dans l’amas de coussins et de couverture en soupirant. En moins de temps qu’il ne le faut pour dire dodo, je m’étais endormie.

    ------

    Je me réveillai à peine quelques heures plus tard avec une sensation désagréable. Par la fenêtre de ma chambre, je pouvais clairement distinguer le cercle lunaire et les étoiles, petits points lumineux sur le drap noir de la nuit. Il faisait encore nuit noir dehors, et pourtant j’eue beau tenter de me rendormir, je n’y arrivai pas. Je pressentais que quelque chose allait se passer…Repoussant couvertures et oreillers, je me levai de mon lit et quittai ma chambre, prenant soin de prendre avec moi une lampe d’huile que je trouvai dans le corridor reliant à ma chambre. Je descendis les escaliers à tâtons, le vieux bois de la maison grinçant sous mes pieds nus. Je traversai la cuisine et pénétrai dans un corridor la reliant à celle-ci. Je n’eue aucun mal à trouver la chambre de Cirio ; C’était la et unique porte. Arrivant à sa hauteur, je découvris qu’elle était entre-ouverte. Je la poussai doucement, timidement, et passai ma tête dans l’ouverture ainsi que mon bras qui tenait la lampe, pour éclairer ne serait-ce que partiellement la pièce. Et j’écoutai, patiemment.
    J’entendais une respiration. Bruyante, sifflante et profonde. Quelqu’un cherchait décidément de l’air. Accompagné de cela, je percevais des gémissements, des râles guttural et rauque. C’était inquiétant. Alarmée, j’ouvris toute grande la porte et pénétrai dans la chambré. Je pausai la lampe sur la table de chevet à côté de la couche de Cirio et tirai une chaise du mur pour être à son chevet. M’assoyant, j’étudiai ses traits désormais éclairé par une faible lumière. Son teint était cireux, aussi pâle que la mort, et froid, constatai-je lorsque je pausai ma paume sur son front. Lorsque je pris sa main dans la mienne, je perçus mal son pouls. Il était rapide et difficile à prendre. J’étais inquiète. Ses paupières étaient clauses et ses yeux bougeaient dans tous les sens sous celle-ci.

    « Cirio…. » murmurai-je avec inquiétude. « Que se passe-t-il ? Tu as mal ? »

    Il souleva enfin les paupières, et son regard était vitreux, comme voilé d’un épais brouillard. Chose fort étrange, il semblait fixé le plafond, ne cherchant même pas à me trouver dans la faible lumière.

    « Amay, c’est toi ? Je ne te vois pas… » fit-il d’une voix alarmée.

    « Chut, ne t’inquiète pas. C’est moi, je suis là, tout près de toi. » soufflai-je d’une voix apaisante.

    Rassuré, il poussa un profond soupir en serrant ma main dans la sienne, que je n’avais toujours pas lâché. Son visage se tourna vers moi, bien qu’il ne me regard pas directement.

    « Le voyage se termine ici pour moi… » fit-il d’une voix calme. « Je vais bientôt m’en aller. Amay, ma douce…Pourrais-tu m’accorder une faveur avant que je ne parte ? »

    La gorge nouée par l’émotion, je dû m’éclaircir la voix avant de pouvoir répondre.

    « Tout ce qu’il te plaira. »

    Il soupira, comme s’il avait craint pendant un instant que je ne refuse.

    « J’aimerais…J’aimerais que tu me racontes ton histoire. Tes origines, ton passé… J’aimerais…J’aimerais comprendre qui tu es. »

    Sa requête me pris de court. Je m’étais attendue à des biens des choses, mais pas à cela. Lui révélé ce que j’étais allait à l’encontre de mes principes, des valeurs sur laquelle je basais ma vie, ma sécurité. Personne ne devait savoir. Personne.
    …Sauf que Cirio ne serait bientôt plus de ce monde pour témoigner de l’être que j’étais. Il ne représentait plus une menace. Cette nuit, il allait rendre l’âme et s’élever au ciel. Je soupirai, acceptant silencieusement sa demande.

    « Que veux-tu savoir ? » Demandai-je finalement.

    « Raconte-moi ton enfance avant ton arrivé au village. Je sais que tu as été adopté. »

    Je me retins de lui demander où il avait obtenue cette information, me disant que ce n’était plus important désormais. Ces heures étaient comptés. Je me lançai donc.

    « Mes plus lointains souvenirs remontent à ma naissance, je crois… » murmurai-je d’une voix nostalgique. « Je me souviens du noir…Il était partout. En haut, en bas, à gauche, à droite. Partout. Mais ce n’était pas effrayant…C’était comme…Un foyer. Un endroit où j’étais en sécurité. C’était chaud, confortable, douillet…C’était comparable à la sensation de rêvé, sauf que j’avais pleinement conscience d’être éveillée…Il m’arrivait d’entendre des grondements, des clapotements, le champ très lointain des oiseaux, ou encore la terre qui tremblait. Puis soudainement, c’était comme si…Comme si j’étais coincée. Comme si tout était devenue trop petit, trop étroit. C’était…Terrifiant. » je laissai mon imagination placer les mots sur les sensations. Mon esprit était trop occupé à revivre ce passage fantastique de ma vie. « J’avais l’impression que j’allai être broyée, écrasée, si je ne sortais pas rapidement. Alors j’ai fais la première chose qui m’est venue à l’esprit ; J’ai frappée. J’ai donnée des coups de…De pattes » j’avais hésité avec jambes. « C’était comme frapper dans du béton. C’était dur, comme, incassable…Et pourtant soudainement, ça a brisé. Un morceau s’est craquelé, s’est fissuré, et je savais que je pouvais sortir. Et même si j’étais fatiguée, épuisée, j’ai mis toutes mes forces sur ses fissures pour les aggraver. Et ça a marché. Un bout a volé en éclat, et soudainement, ce qui était auparavant noir s’est transformé…En orange. En jaune. En rouge. Tout était si…Chaud et si…Claire. C’était la lumière. C’était beau. Je voulais en voir plus. Donc j’ai continué à briser mon enveloppe, et au bout d’un moment, j’étais libre. Comme c’était bon, la liberté ! Je me souviens de l’odeur de la résine…De l’humidité. De l’humus… Et une désagréable odeur de cadavre aussi…Je me souviens…Je me souviens du gazouillement des oiseaux, les cliquetis des criquets, le clapotement de l’eau qui tombait goutte par goutte des feuilles des arbres. Et, mon dieu…Tout était si grand, si haut, si vaste ! Aucune coquille, aucun œuf pour vous retenir… C’est seulement après avoir vue ce qui m’entourait que je les aie vus. Le plus petit était de la couleur de l’Aquamarine, d’un bleu-vert profond et scintillant. Il avait une petite tête triangulaire, un corps long et mince, des pattes munis de griffes et des yeux de glace. Deux membranes sculptées d’os étaient replié sur son dos, et son regard trahissait une franche curiosité. Le second être devait bien faire cinquante fois le petit bleu. Imposante et majestueuse, elle était de la couleur de l’or, du néant, du sable, du ciel…Mon dieu, comme elle était belle…On aurait dit une reine. Un colosse. Et alors qu’elle aurait put m’écraser comme un vulgaire insecte sous ses pattes immenses…
    Elle s’est penché pour lécher la membrane visqueuse qui recouvrait mon corps, bientôt accompagné de son petit rejeton…
    Ma mère, et mon frère. »


    Je pris une pause, encore subjuguée après un siècle par le spectacle que j’avais vue le jour de ma naissance. Deux êtres majestueux, royal, qui s’était avéré être ma famille.

    « Je n’aie pas gardé longtemps l’aspect…Royal. » je n’avais aucun autre mot pour décrire la forme divine, c’était comme l’évidence même, rien n’était au-dessus de pareil merveille. « Je me souviens simplement des jeux auxquels je me livrai avec mon aîné. On se sautait dessus, roulait dans la terre, se mordillait et se griffait. On arrêtait de jouer lorsque l’un commençait à se plaindre et à gémir, c’était la limite. De toute façon, maman n’aimait pas qu’on se bagarre. Elle n’aimait pas la violence. Donc, on occupait nos journées en voltigeant dans les arbres en attendant que maman nous ramène à manger. Ça n’a pas longtemps été ainsi. Elle nous a rapidement montré comment…Muter. Ça ne nous a pas trop dérangé, au final, on était toujours une famille, d’apparence tout à fait normal, excepté le fait que nous vivions dans la forêt, loin des Humains, loin des Elfes, loin de tout. Il n’y avait que nous, et la nature. Rien d’autre. Un Éden sur terre. Dommage que tout ne dure qu’un temps…Je ne sais pas…Combien de temps nous sommes restés avec elle. Trois, peut-être quatre ans, même peut-être plus, ou moins…Tout ça pour dire qu’un jour, une fille, dont je ne me souviens plus le nom ni l’Origine, est venue nous chercher, moi et mon frère. Maman nous a dit qu’elle n’avait plus rien à nous apprendre, qu’on devait aller grandir et voir le monde. Elle nous a rassurés en nous disant qu’elle allait nous revoir, qu’elle veillerait sur nous. »

    Le regard absent, je fixai un point invisible sur le mur de la chambre. Une larme perla au coin de mon œil droit et coula le long de ma joue, s’attarda quelques instants sous mon menton avant de tomber doucement sur ma main qui disparaissait dans celle de Cirio.

    « Et je ne les aie plus jamais revue. Ni l’un, ni l’autre. »



Dernière édition par Amayëlle Izbetha le Lun 12 Juil - 4:15, édité 20 fois
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MessageSujet: Re: •••Amayëlle•••   Jeu 20 Mai - 1:43

+1, sait-on jamais 8D
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MessageSujet: Re: •••Amayëlle•••   Jeu 20 Mai - 6:52

Bast risque de râler si tu lui plage tout son CSS de fiche (enfin, peut-être qu'il était d'accord, qu'en sais-je...)
Enfin, bienvenue dans tous les cas. Et la suiiiiiiite, vite : )

(ps : n'oublie pas qu'un dragon ne peut être foncièrement bon non plus. Merci)
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MessageSujet: Re: •••Amayëlle•••   Ven 21 Mai - 4:39

Oh, non non, pas de plagiat 8D Malentendue, sorry /SBAFF\
V'là, c'est plus jolie, and, unique /ô\ J'ai changé, pour le camp 8D Reste plus que ...Hum...Tout le reste '__' Mais Z'allez voir, je vais pondre un oeuf en or, et en moins de deux 8D *SORS*
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MessageSujet: Re: •••Amayëlle•••   Mar 22 Juin - 23:26

[Double post]
J'fais juste un petit Up, pour dire que ma Présentation est toujours d'actualité et que je mets enfin la main à la ...Fiche /ô/
Voilà déjà le début de l'Histoire...La suite arrive très prochainement 8D
Sorry pour le double post *sors*
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MessageSujet: Re: •••Amayëlle•••   Dim 18 Juil - 19:00

Yop' madame, des nouvelles concernant ta fiche ?

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MessageSujet: Re: •••Amayëlle•••   Mar 31 Aoû - 20:51

Fiche archivée. Contactes-moi par mp si tu te sens l'envie de la finir un jour ~

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